12 mars 2008

Livres again

Je viens de supprimer la liste de livres de ce blog.

Pourquoi? D'abord parce que cette liste était pauvre et fastidieuse à renseigner.

Ensuite, parce qu'avec l'agora des livres, j'ai pu entrer en un rien de temps tous les livres de ma bibliothèque, et je ne saurais trop vous recommander ce site... Plein d'initiatives géniales sont à inventer pour partager vos livres aux autres...

Je ne vais d'ailleurs pas tarder à devenir un adepte du BookCrossing!

De plus, si vous allez sur l'agora, vous pouvez même enregistrer les livres que vous souhaiteriez avoir. Ce qui peut être utile si quelqu'un ne sait pas quoi vous offrir... 

05 mars 2008

Ma bibliothèque

Salut!

 

Longue absence bloguistique!!! mais ça ne fait pas de mal de s'absenter un peu, de prendre l'air, je vous assure.

Je reviens avec une bibliothèque constituée. Allez sur http://www.agoradeslivres.com/index_agora.php et vous aurez accès à mes bouquins. Résumés, notes de lecture, vous saurez tout sur les bouquins qui sont chez moi. Petit à petit, de nouvelles notes de lecture seront éditées.

Si vous êtes proche de Marianne et moi, n'hésitez pas à nous emprunter les livres qui vous intéressent! Vous savez où nous joindre!!! 

30 janvier 2008

Tiens, un peu de décroissance au petit déjeuner!

Je sais, je sais, j'ai des petits exposés de bouquins en retard, je vous les avais promis, et ils ne viennent toujours pas.

Tant pis, ça viendra - peut-être.

Aujourd'hui, c'est un bouquin que je viens juste de finir. Livre qui traite de la croissance économique et des alternatives à cette croissance.  

Mon ami Jémuel m'avait un jour rapporté d'une bibliothèque brestoise un ouvrage de Serge Latouche, ouvrage dont le propos portait sur la mégamachine et sur la société technicienne. Il y reprenait l'idée développée par Jacques Ellul, en l'approfondissant. Sauf que je n'y avais rien compris. Trop compliqué pour mes petits neurones.

Mais en passant à l'***** ***** (je ne fais pas de pub pour les industries de distribution du livre), j'ai vu ce minuscule livre de Serge Latouche intitulé "Petit traité de la décroissance sereine", et son minuscule prix (3,5 euros!!! oui, oui! TTC!)

Allez, hop, emballer, c'est peser, veni, vidi, vici. Au final, un ouvrage accessible (même s'il s'y trouve des passages un peu compliqués, on n'est pas sur des idées qui planent dans les limbes de l'intellect humain) et à mettre entre toutes les mains, pour avoir (enfin!) une autre vision de la société. Une belle utopie, bien sûr, mais qui peut servir de base pour adopter de nouveaux comportements sociaux et politiques. A méditer, en tout cas.

Cet extrait est un passage de l'introduction du livre, dans lequel l'auteur nous dévoile le plan du livre : 

"...assurés de notre repas de ce soir, nous ne voulons rien entendre. En particulier, nous occultons la question de savoir d'où nous venons : d'une société de croissance - c'est-à-dire d'une société phagocytée par une économie qui n'a d'autre finalité que la croissance pour la croissance. L'absence de véritable critique de la société de croissance dans la plupart des discours environnementalistes, qui noient le poisson dans le discours sinueux sur le développement durable, est significative. Dénoncer la "frénésie des activités humaines" ou l'emballement du moteur du progrès ne peut suppléer à l'absence d'analyse de la mégamachine techno-économique capitaliste et marchande dont nous sommes les rouages peut-être complices, certes, mais sûrement pas les ressorts (...) Dire qu'une croissance infinie est incompatible avec un monde fini et que nos productions autant que nos consommations ne peuvent dépasser les capacités de régénération de la biosphère sont des évidences qu'il [le théoricien] n'a pas grand-peine à faire partager. En revanche, sont bien plus mal acceptées les conséquences incontestables que ces mêmes productions et consommations doivent être réduites (environ de deux tiers pour la France), et que la logique de croissance systématique tous azimuts (dont le noyau est la compulsion et l'addiction à la croissance du capital financier) doit donc être remise en cause, ainsi 35a4c00bb341ae3a300104810615e2bb.jpgque notre mode de vie. Quant à la désignation des principaux responsables, elle paraît complètement blasphématoire.

Alors que le torrent sort de son lit et menace de tout dévaster, la nécessité d'une décrue, c'est-à-dire l'idée même de décroissance, passe mal. Son acceptation est pourtant indispensable si nous voulons sortir de la torpeur qui nous empêche d'agir. Il convient donc d'en mesurer la portée (I), de proposer une alternative au délire de la société de croissance, l'utopie concrète de la décroissance (II), enfin, de préciser les moyens de sa réalisation (III)."

 

Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, Editions mille et une nuits, 176 pages, 3,5€ 

 

 

27 décembre 2007

Ecole, mon amour

Voici le dernier Daniel Pennac : Chagrin d'école.

Daniel Pennac est un des auteurs que je préfère. Il ne m'a encore jamais déçu, de tous les livres que j'ai lus. Il arrive à faire en sorte que je me sente concerné par ce qu'il écrit, au point que j'ai l'impression qu'il écrit des choses à mon sujet... Mais je ne porterai pas plainte pour atteinte à ma vie privée...

Voici un extrait de son dernier livre, qui n'est pas un roman, mais qui fait une belle et logique suite à son livre "comme un roman", qui se trouve page 60 :

 

"Aucun avenir.

Des enfants qui ne deviendront pas.

Des enfants désespérants.

Écolier, puis collégien, puis lycéen, j'y croyais dur comme fer moi aussi à cette existence sans avenir.

C'est même la toute première chose dont un mauvais élève se persuade.

-          Avec des notes pareilles qu’est-ce que tu peux espérer ?

-          Tu t’imagines que tu vas passer en sixième ? (en cinquième, en quatrième, en troisième, en seconde, en première…)

-          Combien de chances, au bac, d’après-vous, faites-moi plaisir, calculez vos chances vous-même, sur cent, combien ?

Ou cette directrice de collège, dans un vrai cri de joie :

-          Vous, Pennacchioni, le BEPC ? Vous ne l’aurez jamais ! Vous m’entendez ? Jamais !

Elle en vibrait.

En tout cas je ne deviendrai pas comme toi, vieille folle ! Je ne serai jamais prof, araignée engluée dans ta propre toile, garde-chiourme vissée à ton bureau jusqu’à la fin de tes jours. Jamais ! Nous autres les élèves nous passons, vous, vous restez ! Nous sommes libres et vous en avez pris pour perpète. Nous les mauvais, nous n’allons nulle part mais au moins nous y allons ! L’estrade ne sera pas l’enclos minable de notre vie !

Mépris pour mépris je me raccrochais à ce méchant réconfort : nous passons, les profs restent ; c’est une conversation fréquente chez les élèves de fond de classe. Les cancres se nourrissent de mots.

J’ignorais alors qu’il arrive aux professeurs de l’éprouver aussi, cette sensation de perpétuité : rabâcher indéfiniment les mêmes coures devant des classes interchangeables, crouler sous le fardeau quotidien des copies (on ne peut pas imaginer Sysiphe heureux avec un paquet de copies !), je ne savais pas que la monotonie est la première raison que les professeurs invoquent quand ils décident de quitter le métier, je ne pouvais pas imaginer que certains d’entre eux souffrent bel et bien de rester assis là, quand passent les élèves… J’ignorais que les professeurs aussi se soucient du futur : décrocher mon agreg, achever ma thèse, passer à la fac, prendre mon envol pour les cimes des classes préparatoires, opter pour la recherche, filer à l’étranger, m’adonner à la création, changer de secteur, laisser enfin tomber ces boutonneux amorphes et vindicatifs qui produisent des tonnes de papier, j’ignorais que lorsque les professeurs ne pensent pas à leur avenir, c’est qu’ils songent à celui de leurs enfants, aux études supérieures de leur progéniture… Je ne savais pas que la tête des professeurs est saturée d’avenir. Je ne les croyais là que pour m’interdire le mien.

Interdit d’avenir.

A force de me l’entendre répéter je m’étais fait une représentation assez précise de cette vie sans futur. Ce n’étais pas que le temps cesserait de passer, ce n’était pas que le futur n’existait pas, non, c’était que j’y serais pareil à ce que j’étais aujourd’hui. Pas le même, bien sûr, pas comme si le temps n’avais pas filé, mais comme si les années s’étaient accumulées sans que rien ne change en moi, comme si mon instant futur menaçait d’être rigoureusement pareil à mon présent. Or, de quoi était-il fait, on présent ? D’un sentiment d’indignité que saturait la somme de mes instants passés. J’étais une nullité scolaire et je n’avais jamais été que cela. Bien sûr le temps passerait, bien sûr la croissance, bien sûr les événements, bien sûr la vie, mais je traverserais cette existence sans aboutir jamais à aucun résultat. C’était beaucoup plus qu’une certitude, c’était moi.

De cela, certains enfants se persuadent très vite, et s’ils ne trouvent personne pour les détromper, comme on ne peut vivre sans passion ils développent, faute de mieux, la passion de l’échec."23aaf12f77412a3c6954311c96c08c99.jpg

 

Splendide, comme d'habitude...

 

Daniel Pennac, Chagrin d'école, chez Gallimard ( 19€)

 

29 novembre 2007

Qu'est-ce qu'on aime se faire souffrir...

C'est un roman que je désire vous faire partager aujourd'hui.

Ca s'appelle "le livre des sept vérités".

Grosso-modo, c'est l'histoire d'un garçon qui perd l'usage de ses jambes pendant les années 30 à Chicago, alors que son père est parti trouver du travail loin, loin, et que sa mère et lui vivent dans la rue. Ils rencontrent un personnage troublant : Hajji Rhovee, qui leur remet un livre écrit par lui avant de disparaître au petit matin. La bague de mariage de la maman a disparu avec lui.

Qui est ce personnage? Pourquoi a-t-il pris la bague avec lui?

Commence alors le désespoir, accompagné de la lecture du petit livre, le livre des 7 vérités. Dans ce livre, il est question de la vie de M. Rhovee.

Le roman est passionnant - et vous le savez, je ne suis pas amateur de romans...

"Il existe une certaine indulgence coupable dans le coeur de chacun de nous; tout le monde peut traverser des périodes de bonheur méprisable. C'est avec cet absurde bonheur que nous croyons nous venger du monde alentour, un monde qui n'a été qu'injustice pour nous. Nous pouvons en tomber malades. Il arrive que nous prenions plaisir à nous sentir mal. C'est parce que nous réagissons de manière infantile. Tout au fond de notre coeur, nous nous disons : "Je vais être aussi malheureux que je le peux, juste pour me venger du monde qui m'a si mal traîté". Alors, comme un enfant qui a décidé de manger des vers de terre parce que ses parents le lui ont défendu, nous décidons d'être affreusement malheureux parce que nous sommes en colère contre Dieu. Pour des raisons inconnues, nous voulons nous venger de lui pour ce qu'Il nous a fait.

Certte vilaine intention est un choix conscient. Le monde ne nous en demande pas autant. Nous avons été blessés et nous réagissons en décidant délibérément de nous mal conduire. Et agissant ainsi, nous nous vengeons. Hajji, ce n'est pas la mort d'Almah qui a glacé ton coeur. Tu as décidé d'être malheureux. Tu te conduis de cette façon pour reprocher à Dieu  de n'avoir pas permis à Almah de vivre.

Mais remarque bien ceci : ce ne sont pas les circonstances qui nous rendent malheureux. C'est nous-mêmes. [...]

- Que racontez-vous, Jasmine? Vous voulez dire que j'ai tort d'avoir de la peine parce qu'une belle petite fille est morte?450e7074a747365e2ddac775f0be2427.jpg

- Non, Hajji, tu n'as pas tort d'être malheureux parce qu'Almah n'est plus de ce monde. Mais tu as tort de laisser les circonstances actuelles, je veux parler de ta propre croix, celle que Jésus a dit que tu devais porter si tu voulais devenir son disciple, gâcher ta joie [...]. Rien ne peut t'attrister sans ton propre consentement. Bêtement nous prétendons que les circonstances dominent notre présent. Le bonheur est un choix, le malheur est une option."

C'est un roman qui traite de la souffrance et de son dépassement. J'aime bien, moi, j'aime bien. Plein d'espoir et d'espérance, et en même temps accroché à la réalité la plus brutale, comme les questions du handicap, de la mort, de l'épreuve, du rejet... Par les temps qui courent, un tel message fait du bien je trouve...

Le livre des sept vérités, Calvin Miller, éditions Farel, 11€ 

28 octobre 2007

Jean Hay vraiment génial

C'hay une honte.

Je n'hay rien posté sur le merveilleux livre de Jean.

Alors voici, erreur réparée, mais j'hay fhay le fhaynéant, bien sûr, j'ai copié collé le résumé du livre, disponible sur le site de Christiane, l'hayditrice...

 

Jean Hay s’investit depuis 30 ans dans l’église locale (à Nîmes puis Alès), surtout par l’enseignement biblique. Il sert dans une assemblée membre de la Fédération Baptiste et associée à Nouvelles Frontières France. Son amour 3b919d5623622bf43dfd87f0ca639538.jpgpour tout chrétien et sa passion de l’Ecriture font de lui un ministère qu’on ne se lasse pas d’écouter. Riche d’expérience, c'est la première fois qu'il nous partage ces réflexions par écrit.

Quels étaient les sujets de prière des apôtres de Jésus?
On se pose rarement la question. La plupart des écrits consacrés à la prière insistent sur la « manière » dont le croyant doit prier pour être efficace. C’est bien sûr une approche utile mais elle ne doit pas remplacer l’exploration du « contenu » des requêtes apostoliques. Voici ce que je demande dans mes prières… dit Paul.
La présente étude examine ce contenu et approfondit le sens de chaque sujet de prière, un sujet par chapitre. De lui-même, ce contenu biblique alimentera l’intercession du lecteur et lui donnera le regard que les apôtres avaient. 

 

 Prier comme les apôtres
Jean Hay - 272p.-15 €

Disponible sur le site de Christiane! 

26 octobre 2007

Qui suis-je?

Troisième relecture de "La vie chrétienne normale", par Watchman Nee.

Watchman Nee  (1903-1972) était un chinois très fervent, qui a beaucoup oeuvré pour la foi dans son pays. Vois lirez avec intérêt sa courte biographie ICI.

 Cet extrait se trouve au chapitre second :

"Mon nom est Nee. C'est un nom chinois assez courant. Comment l'ai-je reçu? Je ne l'ai pas choisi. Je n'ai pas parcouru la liste des noms chinois  possibles pour retenir celui-ci. Le fait que mon nom soit Nee ne dépend pas du tout de moi et, de plus, je ne peux rien faire pour le changer. Je suis un Nee parce que mon père était un Nee, et mon père était un Nee parce que mon grand-père était un Nee. Si je me conduis comme un Nee, je suis un Nee, et si je ne me conduis pas comme un Nee, je suis encore un Nee. Si je deviens le Président de la République chinoise, je suis un Nee, ou si je deviens un mendiant, je suis toujours un Nee. Rien de ce que je fais, ou m'abstiens de faire, ne fera de moi autre chose qu'un Nee.

Nous sommes des pécheurs, non à cause de nous-mêmes, mais à cause d'Adam. Je suis un pécheur non parce que j'ai péché, individuellement, mais parce que j'étais en Adam lorsqu'il a péché. C'est parce que, par ma naissance, je descends d'Adam, que je suis une partie de lui. Et bien plus, je ne puis rien faire pour changer cela. Je ne puis pas, en améliorant ma conduite, faire de moi-même autre chose qu'une partie d'Adam, et donc d'un pécheur.

Un jour, en Chine, je parlais dans ce sens et fis cette remarque - "Nous avons tous péché en Adam". Un homme me répondit, - "Je ne comprends pas". J'essayai donc de lui expliquer de la manière suivante : " Tous les chinois font remonter leur origine à Huang-Ti. Il y a plus de quatre mille ans, il fut en guerre avec Si-iu. Son ennemi était très fort, mais néanmoins Huang-ti le vainquit et le tua. Après cela, Huang-Ti fonda la nation chinoise. Il y a donc quatre mille ans que notre nation a été fondée par Huang-Ti. Maintenant, que serait-il arrivé si Huang-ti n'avait pas tué son ennemi, et qu'il ait été tué lui-même? Où seriez-vous aujourd'hui?" - "Je n'existerais pas du tout", répondit-il. "Oh! non! Huang-Ti pouvait mourir de sa mort, mais vous pouviez vivre de votre vie." - "Impossible!" s'écria-t-il, "s'il était mort, je n'aurai pu vivre, car c'est de lui que j'ai tiré ma vie."

Voyez-vous l'unité de la vie humaine? Notre vie vient d'Adam. Si votre grand-mère était mort à l'âge de trois ans, où seriez-vous? Vous seriez mort en lui! Votre expérience est liée à la sienne. Or, c'est exactement de la même manière que l'expérience de chacun d'entre nous est liée à celle d'Adam. Personne ne peut dire, - "Je n'ai pas été en Eden", - car virtuellement nous étions tous là, lorsque Adam céda aux paroles du serpent. Nous sommes donc tous impliqués dans le péché d'Adam, et par notre naissance "en Adam", nous recevons de lui tout ce qu'il est devenu en résultat de son péché - c'est-à-dire la nature d'Adam, qui est la nature d'un pécheur. Nous tirons de lui notre existence, et parce que sa vie est devenue une vie de péché, une nature pécheresse, la nature que nous tenons de lui est aussi pécheresse. Ainsi, comme nous l'avons dit, le mal est dans notre hérédité, et non seulement dans notre conduite. A moins de pouvoir changer notre naissance, il n'y a pas de délivrance pour nous.

Mais c'est précisément dans cette direction, que nous trouverons la solution de notre problème, car c'est exactement ainsi que Dieu a résolu le problème." 

Ce livre est un livre radical. Pas de place pour le compromis, il balaye toutes les excuses que l'on peut avoir pour ne pas se lancer dans l'aventure extraordinaire de la vie avec Dieu, et quand bien même je ne suis pas en accord avec tous ses propos, je ne peux pas simplement poser le livre en me désintéressant de son message. Je ne peux pas me laisser tranquille après ça.

Jusqu'où va mon amour pour Dieu? Est-il vraiment - Lui mon Père, le Créateur - à la première place dans ma vie? Suis-je à la recherche de sa présence chaque jour, à chaque heure, ou bien ai-je plutôt le désir d'agir librement, à ma guise, dans l'indépendance? Quelle somme de compromis se sont installés dans ma vie?

Et je me rappelle les bonnes paroles de Jésus :

"Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée. C'est là le premier et le plus grand commandement. Et voici le deuxième, qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même." 

Je ne suis pas sûr d'aimer Dieu comme je le voudrais, ou comme je le prétends parfois... 

24 octobre 2007

Prier, franchement...

Je suis tombé sur l'inroduction d'un livre intéressant sur la prière, d'Alexandre Westphal, Les prières de la Bible... et les notres. Ok, ça ne nous rajeunit pas, ce n'est pas à proprement parler une oeuvre moderne... Mais c'est toujours bon de se replonger dans les écrits de ceux qui nous ont précédé dans la foi, et d'examiner où nous en sommes dans notre vie personnelle...

Se réformer toujours? Ben oui, pourquoi pas?

"Dites-moi pourquoi la lune gravite autour de la terre, pourquoi la fleur se tourne vers le soleil, pourquoi le poussin court se réfugier sous l'aile de la poule, pourquoi la main du tout-petit s'accroche obstinément au jupon de sa nourrice, pourquoi le blessé sur le champ de bataille tombe en criant « maman ! et je vous dirai pourquoi l'homme prie.

La prière est à l'âme ce que le mouvement est au corps, ce que le souffle est à la poitrine : la manifestation de la vie. Un corps inerte est mort. Une poitrine sans souffle est inanimée. Une âme sans prière est une âme détachée des conditions spirituelles de son existence. Limitée aux circonstances de la terre, elle végète. C'est une grande mutilée. On pourrait dire aussi que, dans la floraison des âmes, c'est une fleur qui n'a pas encore noué.

L'humanité a compris cela, d'instinct; aussi les hommes prient-ils sous tous les cieux, parmi toutes les races. La prière établit entre les religions une parenté et parmi tous les adorateurs une fraternité qu'on aurait tort de méconnaître et que, seul, Dieu peut estimer à son prix, parce qu'il est le Père céleste qui reconnaît la voix de ses enfants quel que soit leur langage et retrouve son nom même en leurs bégaiements. Les milieux où la prière a perdu sa flamme sont ceux où une civilisation déformante a tout fait pour le cerveau, pour la jouissance matérielle, rien pour nourrir la conscience et le coeur. Mais, là même, la prière n'est pas éteinte : elle couve sous la cendre. Qu'une épreuve, secousse soudaine, y rouvre les sources profondes de l'âme : la prière jaillit, comme la lave du volcan.

Après cela, dire que la prière, chez l'homme civilisé, est un reste de barbarie, une infériorité morale, c'est fermer les yeux à l'évidence {1}. La vérité est que la prière vaut ce que vaut la divinité à laquelle elle s’adresse. Le sauvage africain implore son fétiche, le brigand des Abruzzes demande à la Madone de bénir son poignard j)telle nonne prie son saint et le retourne dans sa niche, face au mur, s'il ne l'a pas exaucée... Prières de la superstition. Le guerrier prie pour la victoire, le financier pour son entreprise, le père pour le bien-être ou le succès temporel de son fils, le naufragé pour le sauvetage... Prière de l'intérêt. Mais Abraham priant pour son neveu ingrat, Moïse priant pour la grâce d'Israël, Etienne priant pour ses bourreaux, Monique pour le salut d'Augustin, Jeanne d'Arc au pied du bûcher, les martyrs huguenots sous la potence, Livingstone pour ses noirs, John Bost pour ses malades, Pasteur avant les expériences qui délivreront l'humanité de la rage, Adèle Kamm sur son lit de souffrance pour la conversion de ses amis et pour la soumission de son propre coeur... Peut-on concevoir des actes plus hauts, où la personnalité se montre avec autant de maîtrise, de désintéressement dans l'amour, de cohésion de son être moral, d'intrépidité dans l'espérance ? Peut-on concevoir une attitude par quoi l'homme s'éloigne autant de l'animalité ? L'homme qui prie, bien loin de se diminuer, se dépasse. Il met à son activité la rallonge divine ; il fait entrer Dieu dans sa vie et redevient lui-même à l'image de Dieu.

Ainsi, la prière nous apparaît comme le geste spontané de l'âme pour chercher le contact de l'être mystérieux dont elle se sent obscurément dépendre, qui manifeste sa puissance dans la splendeur des mondes et sa présence par la voix du devoir. Dans la prière « l'homme s'offre à Dieu comme la toile au peintre, ou le marbre au sculpteur ».

La nature, a-t-on dit, a horreur du vide. Pour l'univers physique, c'est faux, mais pour la nature spirituelle, c'est vrai. L'âme humaine a horreur du vide. Un silence qui dure l'épouvante. Il est peu de créatures assez dénaturées pour n'avoir pas soupiré au moins une fois dans leur vie : « Mon Dieu, si je pouvais prier ! »

Tu peux prier. Il est encore temps de rallumer en toi la flamme de l'oraison. Penche-toi sur la Bible. Avec humilité, recherche dans ses pages les caractères de la prière. Ecoute prier ses héros, et bientôt montera du fond de ton être l'invocation du psalmiste :

« Mon cœur dit de ta part : « Cherchez ma face ! » « Je cherche ta face, ô Eternel !

(Ps. 27 : 8).
"

Le reste de l'oeuvre, qui n'est pas rééditée depuis longtemps, est consultable à l'adresse suivante :

http://456-bible.123-bible.com/livres1/westphal_prieresbi... 

Bonne lecture! 

15 octobre 2007

Un peu de gymnastique...

Aujourd'hui, je vais vous parler de Socrate, vu par Platon bien sûr, dans l'ouvrage "Apologie de Socrate - Criton - Phédon".

Platon n'est plus tout jeune, c'est une antiquité, et si l'authenticité de ses ouvrages sont bien moins remis en question que la Bible, cela ne veut pas dire qu'ils soient plus fiables, au contraire... Néanmoins, la pensée socratique est toujours intéressantes, car le Môssieur était un vrai chercheur de vérité. Dommage que ce Môssieur n'aie pas rencontré Jésus le Christ... Le dialogue aurait été intéressant. 

Cet extrait se trouve au chapitre 6 du Criton :

"Socrate : Un homme qui s'exerce à la gymnastique et qui en fait son étude prête-t-il attention à l'éloge, à la critique, à l'opinion du premier venu, ou de celui-là seul qui est son médecin ou son pédotribe?

Criton : De celui-là seul.

Socrate : C'est donc de celui-là seul qu'il doit craindre la critique et apprécier l'éloge, sans s'inquiéter du grand nombre.

Criton : Évidemment oui.

Socrate : Il devra donc agir, s'exercer, manger et boire comme en décidera l'homme unique qui le dirige et qui est compétent, plutôt que de suivre l'avis de tous les autres ensemble.

Criton : C'est incontestable.

Socrate : Voilà qui est entendu. Mais s'il désobéit à cet homme unique, s'il dédaigne son opinion et ses éloges pour suivre les avis de la foule incompétente, n'en éprouvera-t-il aucun mal?

Criton : Certainement si.

Socrate : De quel mal? Sur quoi se portera-t-il? Sur quelle partie de l'individu désobéissant?

Criton : Sur son corps, évidemment; car c'est son corps qu'il ruine.

Socrate : Bien dit; mais, pour ne pas passer tout en revue, Criton, n'en est-il pas ainsi du reste? et, en particulier, quand il s'agit du juste et de l'injuste, du laid et du beau, du bien et du mal, dont nous délibérons à présent, est-ce l'opinion du grand nombre que nous devons suivre et craindre, ou celle du seul juge compétent, s'il en est un? Et ce juge unique, ne devons-nous pas le respecter et le craindre plus que tous les autres ensemble? Car si nous ne lui obéissons pas, nous corromprons et gâterons ce qui, comme nous le disions, s'améliore par la justice et se perd par l'injustice. Ou faut-il croire que cela n'est rien?

Criton : Je suis de ton avis là-dessus, Socrate.

Socrate : Or donc, si nous ruinons ce qui s'améliore par la santé et se gâte par la maladie, pour obéir à l'opinion des gens incompétents, pourrons-nous vivre avec cette partie gâtée? Et cette partie c'est le corps, n'est-ce pas?

Criton : Oui.

Socrate : Or, pouvons-nous vivre avec un corps mauvais et gâté?

Criton : Non, assurément.

Socrate : Le pouvons-nous donc si nous avons ruiné ce que l'injustice dégrade et que la justice fortifie? Ou bien regardons-nous comme inférieure au corps cette partie de nous-mêmes à laquelle se rapportent l'injustice et la justice?

Criton : Non, certes.

Socrate : N'est-elle pas plus précieuse?

Criton : Beaucoup plus.

Socrate : Il ne faut donc pas, mon excellent Criton, nous mettre si fort en peine de ce que la multitude dira de nous, mais bien de ce que l'homme compétent sur le juste et l'injuste, notre seul juge, et la vérité même en pourront dire. Ainsi, tu engages mal la discussion, en avançant d'abord que nous devons nous inquiéter de l'opinion de la foule sur le juste, le beau, le bien et leurs contraires. On pourra nous dire, il est vrai, que la foule est capable de nous faire périr.

Criton : Évidemment, Socrate, on nous le dira.

Socrate : C'est vrai. Mais pour moi, étonnant Criton, le principe que nous avons établi me paraît toujours avoir la même valeur qu'avant. Considère aussi cet autre principe, que le plus important n'est pas de vivre, mais de bien vivre,  et vois s'il subsiste toujours ou non pour nous.

Criton : Oui, il subsiste.

Socrate : Et l'identité du bien, du beau et du juste subsiste-t-elle ou ne subsiste-t-elle pas?

Criton : Elle subsiste" 81288ae4bd49f54c1a377a88cef94118.jpg

J'aime Socrate! Bon, il a certains raisonnements que je conteste assurément, notamment lorsqu'il démontre l'immortalité de l'âme par le biais des légendes de son temps, ainsi que les conséquences de la mort (réincarnation, etc). Cependant ses raisonnements logiques sont très intéressants et très instructifs. Ils construisent incroyablement la pensée. 

Platon, Apologie de Socrate - Criton - Phédon, Flammarion, 1991, 7,40 euros

02 octobre 2007

Et l'anarchie, alors?

Aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous ma relecture du livre "Anarchie et christianisme", de Jacques Ellul.

J'ai déjà écrit à propos de Jacques Ellul. Cf. une de mes notes précédentes, à propos du livre "sans feu ni lieu". 

Cet extrait se trouve au chapitre 2 :

"Il s'agit donc ici pour moi par une lecture "naïve" de la Bible, de montrer que, bien loin d'assurer un fondement à l'État et aux autorités, la lecture, je crois, mieux entendue, pointure vers l'anarchie. Mais ceci au sens de an-arkhé : pas d'autorité, ou pas de domination, et non pas, bien sûr, au sens devenu tellement banal de "désordre". Quand il y a du désordre, aussitôt on dit : "une vraie anarchie". Et cela vient de ce que l'homme occidental est tellement persuadé que l'ordre dans la société ne peut être établi que par un pouvoir central fort, avec ses moyens (police, armée, propagande) que, sitôt que l'on met ces pouvoirs en discussion, on ne peut envisager que le désordre! Et Luther a été si effrayé par le désordre de la révolte des paysans (qui faisait suite à sa propre prédication sur la liberté chrétienne! des groupes de paysans y ont cru et ont voulu la manifester tout de suite!) qu'il a aussitôt demandé aux princes de réprimer cette révolte. Et Calvin dit que tout vaut mieux que le désordre social,y compris un tyran! Je cite ces deux auteurs parce qu'ils me sont proches (puisque je suis protestant) et pour montrer que même de fidèles lecteurs de la Bible, et vrais chrétiens, étaient obnubilés par l'évidence de l'utilité des rois, princes, etc. Ils ne pouvaient pas lire la Bible sans cet écran. Aujourd'hui en présence de l'écrasement de l'homme par l'État, sous tous les régimes, on peut mettre en question ce Bhémoth, et par conséquent lire la Bible autrement. Compte tenu qu'il est parfaitement exact, nous le verrons, qu'il y a aussi dans la Bible des textes qui semblent légitimer l'"autorité". Mais, comme je le redirai d'ailleurs, je crois qu'il y a un courant général qui pointe vers l'anarchie, et des textes exceptionnels qui renforcent l'autorité."

Ôtons la définition ellulienne du salut, ainsi que deux ou trois choses qui ne sentent pas bon la bonne 20efce7da769f05edefa9aa58d8fd1f4.jpgdoctrine du Christ, ou plutôt : ne l'ôtons pas, mais passons dessus, et nous avons ici un livre indispensable, qui nous fait réfléchir sur la place du chrétien dans ce monde, qui fait bouillir notre cerveau dans la recherche de la pensée biblique, et dans une meilleure connaissance de cette première communauté chrétienne, de laquelle on veut - et avec raison - toujours plus s'affirmer.  Allons donc jusqu'au bout de notre ressemblance avec le christianisme primitif, si tel est ce que nous voulons...

Jacques Ellul, Anarchie et christianisme, La table ronde, 1988, 6,65 euros

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